30 avril 2009
Brume Divine
Samedi 25 avril 2009 - Cela faisait longtemps, peut-être par manque de films réellement intéressants, que je ne vous avais pas causé cinéma Paris-ci... En ce samedi soir d'une journée finalement pas si pluvieuse que cela, ma Bergère et votre serviteur allâmes voir le dernier film de Bertrand Tavernier, Dans la Brume Électrique. J'en subis encore l'électro-choc, mon esprit errant entre deux eaux, entre deux époques, entre 110 et 220 volts... Toutes les louanges, je crois, ont été faites à ce film magnifique et hypnotique, je ne rajouterais donc pas mon commentaire dithyrambique à cette couronne de laurier. Mais tout de même ! Déjà, l'ambiance louisianaise et la musique Cajun, ça dépayse illico presto ; la BOF est sublime, notamment le dernier morceau, qui sert d'écrin-générique à ce film brut comme un diamant précieux. L'atmosphère louisianaise post Katrina est rendue avec tout le désespoir et l'apitoiement nécessaires, et Tavernier tresse le portrait en creux et en bosses (et ça cogne parfois dur dans ce film) d'un flic taciturne et droit, laconique et éthique, sorte d'Ange rédempteur blasé par la nature des Hommes, qu'il essaye par tous les moyens d'élever au-dessus de leur condition misérable. Le flic paye même de ses propres deniers deux filles prostituées afin qu'elles rejoignent un foyer où elles seront en sécurité. Et le plus beau, finalement, ce n'est pas tant ce geste d'une profonde empathie mais le fait qu'il le fasse de façon totalement désintéressée, sans attendre ni contrepartie ni remerciements ; amour inconditionnel, donc, concept très bouddhiste (mais pas que), soit dit en passant. Lui et sa femme se comportent également de cette façon-là, que j'ai trouvé très spirituelle, très belle : ils ne se jugent pas, se comprennent et s'acceptent sans condition. Pour moi c'est la clé d'une relation solide, bien comprise et durable. D'ailleurs ce film possède indéniablement une touche très spirituelle, et la meilleure preuve en est le personnage du Général confédéré - je signale au passage que le titre original du bouquin dont est
tiré le film est The Electric Mist and the Confederate Dead - qui vient régulièrement distiller sa sapience et sa sagesse au pauvre flic désorienté. J'ai aussi beaucoup apprécié ces scènes un tantinet oniriques dans lesquelles les époques se superposent, les expériences humaines se mêlent, les regards éprouvés par la dureté de l'existence se croisent, l'ensemble étant baigné d'un hâlo de profonde humanité, encore une fois. Le film, finalement, propose une expérience spirituelle plutôt qu'il ne déroule la trame (bien ficelée du reste) d'une énième enquête policière ; et n'y aurait-il qu'une investigation policière en jeu que le film en tirerait son épingle, eu égard aux merveilleux paysages de Louisiane qu'il nous montre, à la musique inhabituelle qu'il nous fait entendre et à l'ambiance moite, blème et délétère dans laquelle il nous plonge sans états d'âme. Les états d'âme seront pour les spectateurs, après. Ce film est une expérience sensorielle totale, une plongée dans les tréfonds de l'âme humaine, avec ses pics ensoleillés et ses abysses oppressantes, un voyage onirique ou cauchemardesque dans une sale histoire aux relents racistes. A ce titre, les visions des soldats confédérés de la Guerre de Sécession sont tout à fait dans l'ordre des choses, d'une part parce que la Guerre de Sécession reste un pan inamovible et séminal de l'histoire américaine et d'autre part parce que précisément les fondements de la Guerre de Sécession (que les américains nomment the Civil War, tout simplement et de la même façon très directe dont ils s'approprient rapidement en les regardant en face les évènements tragiques de leur courte histoire) sont le racisme et les différences culturelles entre les nordistes et les sudistes... Bref, j'ai adoré ce film poisseux comme un swamp de Louisiane, j'ai ressenti de la compassion (dont le sens éthymologique est souffrir avec) pour le personnage de Dave Robicheaux, le flic désespéré et rédempteur, j'ai tapé du pied en écoutant la musique Cajun délicieusement bluesy et surranée et j'ai subit un véritable KO émotionnel consécutif aux ambiances plombées et au côté spirituel du film de Bertrand Tavernier, qu'il convient de saluer ici. Seul bémol, je ne trouve pas l'affiche française du film très inspirée, je lui préfère de loin l'originale, mais je vous laisse juger puisque je colle en illustration de cet article les deux versions.
14:53 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : brume électrique, film, tavernier, tommy lee jones
25 août 2008
DARK Knight
Lundi 25 août 2008 | Vu au cinéma, pour cause de temps libre et d'envie de retrouver le second épisode de la saga Batman-Bale, le film The Dark Knight, de Christopher Nolan. Quel film ! 2 heures 30 de noirceur extrème, de violence, de sensations fortes ! Un Joker inoubliable, un Batman qui n'a jamais été moins monolithique que dans ce volet sombre, une histoire qui tient la route, et surtout des références multiples à l'histoire récente des États-Unis : 11 septembre, réseau Échelon, raidissement du pouvoir et concentration de celui-ci, terrorisme. Toutes ces références donnent une profondeur à ce film, qui va
donc bien au-delà d'un simple blockbuster estival. Le bien contre le mal, toujours. Mais des personnages qui ne sont pas dichotomiques, qui suivent une évolution personnelle, qui souffrent, qui meurent, qui se sacrifient. C'est assez brillant d'un côté, et ça reste un pur divertissement avec toutes les règles du genre : scènes fortes, explosions à tout va, confrontations mémorables.
2 heures 30 qu'on ne voit pas passer. Et je me souviens de l'épisode 1, également réalisé par Christopher Nolan, et qui durait aussi quasiment 2 heures 30. Et qui fut tout aussi brillant. C'est une nouvelle naissance pour le Chevalier Noir de la galaxie DC Comics. C'est un film crépusculaire que ce Dark Knight, qui se prononce comme une nuit noire, comme un cauchemar sombre et anxiogène. Et que dire des personnages dits secondaires ? Le commissaire Gordon (Gary Oldman), le factotum de Batman, Alfred (Mickael Caine) et l'éminence grise qui fournit les équipements de l'homme chauve qui ne rigole pas, Fox (Morgan Freeman) ; on le voit, une gallerie impressionnante d'acteurs tous aussi bon les uns que les autres. Mention spéciale à l'acteur Heath Ledger, absolument exceptionnel dans le rôle du Joker, et qui éclipse carrément la composition de Jack Nicholson du tout premier Batman. Un Batman à ne pas manquer, que ce Dark Knight aussi sombre que jouissif.
19:14 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : christopher nolan, heath ledger, christian bale, batman, dark knight, film, cinéma
24 août 2008
De Monaco... ou d'ailleurs
Dimanche 24 août 2008 | Après une journée de travail à la maison - repassage, ménage et passage en revue de mon courrier en retard - et un visionnage du dernier James Bond en date, dont je suis devenu fan après le lifting de la saga opéré par le nouveau réa et Daniel Craig (alias James Blond), je me suis mis en route pour Convention pour y prendre un verre à la Source et assister à la séance de la fameuse Fille de Monaco, dont pas mal de médias nous rebattent les oreilles en ce moment, y compris Europe 1, que j'écoute dorénavant tous les jours, et qui parraine le film. Après un agréable moment à la Source, direction le Gaumont tout proche pour voir ce que donne la rencontre Zem-Bourgoin-Luchini. Car il s'agit là moins d'un film choral qu'un film construit autour de ces 3 personnages et de leurs relations. Trois couples : Luchini-Bourgoin, Zem-Luchini et Zem-Luchini. Ménage à trois, ou quasiment, qui se termine par un complet retournement de situation assez bien vu. Une fille, deux garçons, plein de possibilités. On rigole aussi, moins que ce qu'on escompterait, mais l'on n'y perd pas au change puisque le film est aussi une réflexion sur les relations hommes-femmes ; entre
les valses hésitations d'un Luchini coincé et la libido libérée d'une Bourgoin qui semble taillée pour le rôle. Entre eux-deux, le garde du corps, qui occupe un rôle trouble et ambigü. Zem est chargé de garder le corps de Luchini, ce à quoi il faillira complètement puisque ce dernier tombe dans les filets, à son corps défendant, de la Fille de Monaco, délurée et d'une spontanéité improbable.
Outre les péripéties humoristiques et la jubilation déclenchée par un Luchini complètement happé et phagocyté par une présentatrice de météo érotomane, c'est la partie réflexion qui m'a interpellé. Le contraste entre le garde du corps tombeur et l'avocat qui oublie son corps au profit de la parole. Guère étonnant, donc, qu'il perde la voix lorsqu'il retrouve son corps... Il perd la voix, et aussi ses moyens, se fait envahir par une Louise Bourgoin omniprésente et oppressante, dont il trouve in fine le moyen de se débarasser. Où l'on comprend que trop de présence peut tuer l'amour. Et que dire du monolithique garde du corps, qui lui, est plus doué avec son corps qu'avec ses paroles, et qui donne des leçons à son protégé sur le passage à l'acte. Tout est simple, dit-il. Pas pour tout le monde. J'ai essayé d'en prendre de la graine, mais c'est loin d'être gagné. On passe donc un moment sympathique, empreint d'une certaine réflexion, par moment drôlatique, par moment triste, par moment poignant. Le résultat est tout à fait digeste, et assez recommandable. En plus, il y avait la bande-annonce du prochain James Bond avant le film.
23:05 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : la fille de monaco, anne fontaine, fabrice luchini, louise bourgoin, film
07 juillet 2008
Fort SAGAN...
rappelle celles entendues dans les cours d'école... Après cet agréable interlude farniente, je rentre à la maison pour vérifier mes méls et me poser, puis me prends l'envie d'aller au cinéma ; ça faisait un bout de temps que j'avais envie d'aller voir SAGAN, biographie cinématographique de Françoise
ellipses, bien évidemment ; comment résumer une vie - surtout celle-ci - en un peu moins de deux heures top-chrono ? On y retrouve les essentiels : les voitures, la liberté et l'anti-conformisme, la vie amoureuse tumultueuse, sa relation avec son fils mal aimé, son génie littéraire, sa vie mondaine, les drogues, l'alcool... Le film de Diane KURYS, á la mise en scène paradoxalement sage (on ne s'extasie pas devant l'inventivité de la réalisatrice), dispose d'un superbe thème musical, qui m'a beaucoup plu et mu... Mais ce que j'ai le plus aimé dans ce SAGAN, c'est son aspect presque philosophique ; le film est rythmé par la voix intérieure de Sagan, qui distille des pensées, des réflexions, des idées. Soliloques in petto á propos de sa vie, de ses relations, de son oeuvre... Et puis le film doit bien entendu beaucoup á Sylvie Testut, parfaite dans ce rôle qu'elle s'est approprié á force de mimétisme, pour in fine arriver á ne plus copier mais á intérioriser les tics, les mimiques, la démarche, les inflexions, les postures de l'écrivaine. Bravo. Mais plus que cela, qui représente déjà un tour de force, c'est toute l'émotion que Sylvie Testut fait passer qui m'a bouleversé. Ce mélange de vivacité d'esprit, d'intelligence et de sensibilité extrême ; Sagan, comme une équilibriste toujours sur le fil du rasoir, un être égocentrique mais généreux. L'alliance d'opposés qui, en elle, se fondent en un maelström inextricable et
fascinant. Le joli thème musical fait écho á la fameuse "petite musique" de Sagan, ce style inimitable qui l'a rendue populaire.23:50 Publié dans Film, Lit et rature... | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : film, cinéma, sagan, testut, diane kurys
13 avril 2008
Cheuteumis ?
nous offre de son Nord natal est monolithique et tellement le trait du sympathique et du positif est forcé. On avale sans broncher ces clichés (ou ces anti-clichés, ce qui revient au même) parce qu'ils sont enrobés dans du sucre candy.23:55 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : bienvenue chez les ch'tis, cinéma, film, dany boon
06 avril 2008
Haut les MAINS !
plans emplis d'une tendresse particulière pour les acteurs et joli hommage à la femme du réa... J'arrivai vers 19 heures aux abords du ciné, trouvai LoZange en train de fumer sa clope dans le froid et la pluie mêlée de neige qui tombait avec un peu de retard sur Paris... Tel l'ineffable Charlie dans la série américaine Charlie's Angels, j'étais accompagné de 4 Drôles de Dames et aprés la séance nous allâmes boire un verre (enfin, deux ; enfin trois pour moi) au café où nous étions déjà allé après Paris. Deux des Drôles de Dames sont vite parties, et je suis resté avec Natouna et une certaine Mirlotte, à discuter du film et de diverses choses.23:55 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : benchetrit, gangster, cinéma, film
11 mars 2008
MR73 | Du lourd.
au troisième rang, parfait, quand soudain j'entends mon nom derrière moi. C'est une Peupladienne qui m'a reconnu et avec qui j'échange quelques mots... Rhââ, la célébrité ! Sensation pas désagréable, ceci dit, je ne le cacherai pas... Soudain, l'équipe du film arrive, fatiguée d'avoir enchaîné entrevues et la première hier soir. Tous les acteurs sont là à l'exception de Daniel Auteuil. Quelques mots sous les applaudissements, et le film commence.
décors, et les voitures de fonction des flics sont des Chrysler flambant neuves. Mais ce côté esthétique est assumé, ça lorgne avec bonheur du côté des films de truands américains, des westerns urbains que ne renierait pas un Michael Mann...23:55 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : polar, film, cinéma, mr73, olivier marchal, daniel auteuil, olivia bonamy
09 mars 2008
DIM | Cinélections
Dimanche 09 mars 2008 | Soirée cinéma comme toutes les semaines. Cette fois-ci, ce sont des Femmes de l'Ombre qui ont nos honneurs... Après la soirée ciné, je file au Patronage Laïque pour la soirée électorale organisée par l'équipe de Anne Hidalgo. La Journée Internationale de la Femme lui portera-t-elle chance ?18:43 Publié dans Film, PARIS-ci les sorties !, Week-End | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : femmes de l'ombre, film, cinéma
02 mars 2008
Paris !
Vu ce dimanche 02 mars 2008, Paris, de Cédric Klapisch. Après l'avoir loupé la semaine dernière, notre groupe qui s'agrandit assista enfin à la projection, prise d'assaut, véritablement, par une horde de spectateurs sortis d'on ne sait où... Mes impressions sont plutôt bonnes, mais j'aime beaucoup ce genre de film, à la Lelouch (dont je suis fan), destins entremêlés pour le pire et le meilleur, tranches de vies parfois heureuses, souvent empreintes d'une certaine mélancolie existentielle, toujours émouvantes.
Évidemment, le thème du film (Carpe Diem, Profite du Jour, ou, comme le clame la chanson du générique de fin, Seize the Day) n'est pas neuf, et a été décliné moult fois au cinéma comme ailleurs. Le charme du film tient à sa gallerie de personnages, dans lesquels chacun pourra se reconnaître un peu... L'idée de confier à un vivant en sursis le regard principal du film n'est pas mauvaise, Klapisch distille ainsi quelques scènes douces ou amères, tendres, émouvantes, sans tomber dans un pathos de mauvais aloi... Évidemment, à part la scène dans laquelle Romain Duris vomit dans ses toilettes aux côtés de sa soeur appelée en renfort in extremis, le spectateur ne rentre jamais dans l'intimité inévitable de souffrance et de douleur du personnage. Évidemment, de ce point de vue là, le film est partial, voire partiel. La douleur existe, comme la maladie, comme la mort. Mais, par petites touches impressionnistes, Klapisch fait prendre conscience à ceux des spectateurs qui n'ont pas vécu ou réfléchi à l'impermanence de la vie, ô combien celle-ci est immanente et ô combien il est important d'en profiter, d'en savourer chaque seconde. Le film, pour moi, remplit cette part du contrat. Je suis ressorti secoué, mais plus humain, plus désireux de croquer dans la vie...
Et puis il y a Paris, c'est vrai. Ses rues, ses vues aériennes, la contemplation de ses immeubles aux fenêtres ouvertes sur un kaleïdoscope de fragments d'existences diverses, ses places, ses quartiers... Ses SDF, ses commerçants, sa bonne humeur, sa convivialité, ses endroits incontournables, sa mauvaise humeur, la neige blanche et pure qui tombe en doux flocons sur des regards émerveillés... Beaucoup de poésie, aussi, dans Paris.
En conclusion, c'est un film qui trotte dans la tête, dont les thèmes s'immiscent dans l'esprit, c'est un film qui accomplit sa mission de prise de conscience tout doucement, sans effets démonstratifs, dans les affres et les joies de vies prises au hasard... Un Lelouch sans ses obligatoires improvisations, un Lelouch écrit, en quelque sorte. Un Paris réussi !
23:55 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : paris, film, klapisch
17 février 2008
Sentiments mitigés
rencontre... Film un peu triste aussi, vision négative d'une certaine absence de communication et de l'isolement, au moins psychologique, qui en découle, et auquel je ne veux ni ne peux croire tout à fait...23:55 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : film, fabrique des sentiments, elsa zylberstein




















































